Mercredi 1 juillet 2009
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Philippe Panerai - juin 2006
La condition de la ville contemporaine
Aujourd’hui la ville désigne une agglomération qui a dépassé les limites de la commune mère, une agglomération où se rassemblent des territoires divers et des occupations hétéroclites, coupées
par des infrastructures de transports et où coexistent des zones agricoles, des secteurs naturels, des plateformes logistiques.
A cette ville « diffuse » sont associées des caractéristiques particulières qui modifient notablement notre perception de la ville et de la pratique que nous en avons.
Ce que nous considérions comme la ville jusqu’aux années 50 est aujourd’hui un centre (centre ville, centre historique élargi) qui ne représente que 10 à 15% du territoire urbanisé. Ce centre
n’est plus unique, il coexiste avec d’autres centralités héritées (anciens faubourgs, bourgs ruraux englobés, centres villes des communes de banlieue…) avec lesquelles s’organise une entité
urbaine multipolaire ordonnancée sur la figure de la constellation.
Dans cette ville, les infrastructures techniques, les plateformes logistiques, les dépôts et les réserves ne peuvent plus continuer d’être sans cesse repoussés à la marge. Dans une ville qui
dépassé les limites, les confins doivent être domestiqués, intégrés, apprivoisés, valorisés. Il suffit de penser au cimetière autrefois mis à distance du milieu habité qui est devenu un parc
urbain d’un caractère particulier autour duquel on ne refuse plus d’habiter, ou du canal « technique » qui devient un lieu de promenade et suscite des fronts bâtis recherchés.
De même la campagne et la nature ne forment plus un milieu distinct, proche mais différent du lieu construit, l’un et l’autre s’entremêlent au hasard des mutations foncières et économiques pour
former un milieu urbain d’un nouveau type où la densité urbaine rejoint la densité rurale, où l’agricole et le maraîcher coexistent avec le logement des cadres, les petites zones d’activités, les
pôles technologiques modernes.
Cette ville qui a dépassé les limites communales est vouée à l’intercommunalité, ce qui recoupe en partie la question de la multipolarité et du polycentrisme et devrait permettre l’expression de
cultures locales et de centralités secondaires qui ne soient plus asservies au centre principal et à la seule culture du centre.
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Par MODEM MARNE & CHANTEREINE - CHELLES
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Publié dans : GRAND PARIS / PARIS METROPOLE
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